"Des mecs qui ont un grand succès commercial voudraient un peu la reconnaissance du métier et ben moi c’est l’inverse."

Publié le par chauve-stephane

C’est clair que tu as travaillé avec de grosses pointures. Mais aujourd’hui, tu n’as pas l’impression que tu es un peu attendu au tournant ?

 

C’est plutôt bien d’être attendu au tournant. Après je ne suis pas Alain Bashung, on m’attend moins, ça va. C’est quand même supportable. J’ai toujours de bonnes critiques. Après c’est vrai que je n’ai pas vendu autant d’albums que beaucoup de gens connus. Mais on est toujours mécontent, c’est comme ça. Des mecs qui ont un grand succès commercial  voudraient un peu la reconnaissance du métier et ben moi c’est l’inverse. J’aimerais bien toucher plus de monde. Quand tu fais des chansons et que tu y passes du temps, au bout d’un moment tu te dis plutôt que de vendre 20 000 albums, si je pouvais en vendre 200 000, ça serait plus satisfaisant. Et puis ça me permettrait de m’acheter, non pas une bagnole ou un appart, mais une liberté au niveau de mon futur et de ce que j’ai envie de faire comme musique.


Tu parlais du grand public, mais on ne te voit pas trop à la télé. Tu refuses les émissions ou ça ne se présente pas ?

 

Non, non, je suis demandeur. Au contraire. Après c’est juste qu’il y a eu pas mal de télés sur le premier et le deuxième album et puis sur le troisième beaucoup moins. Les créneaux pour recevoir des chanteurs en marge comme moi pour l’instant se réduisent comme peau de chagrin. Taratata, par exemple privilégie des groupes autoproduits alors que  le Grand Journal prend Psy, Lou Doillon… des gens qui font vendre de l’espace et du temps disponible pour  Coca. Ils n’en ont rien à foutre de ma pomme. Le jour où je vendrai plein d’albums, là, ils m’inviteront. Le problème est compliqué parce que si tu passes à la télé, ça te fait forcément vendre beaucoup d’albums d’un coup, mais ceux qui passent à la télé ce sont déjà ceux qui en  vendent beaucoup. Du coup, c’est important ce que tu fais, les blogs, les webzines, tous ces réseaux là qui permettent à mon projet de vivre. Si toi tu décides de m’appeler aujourd’hui, c’est que tu as écouté ce que je fais déjà. Pour toi ça te fait quelques vues sur ton blog et ça va être cool pour moi aussi. C’est un échange, plus que de dire « super, il a fait 3 millions de clics sur internet, invitons le  au Grand Journal ». 

 

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