Guillaume Grand (2/5) Maintenant mon travail est d’écrire des chansons. Ca crée une réelle inquiétude. Même quand tu n’as pas d’échéance, tu t’en imposes.

Publié le par chauve-stephane

Comment fais tu pour écrire une chanson ? D’abord le texte ou la musique en premier ?

Mon point de départ est toujours la mélodie. Je répète une suite d’accords et après selon l’ambiance dégagée par la musique, je trouve des mots, puis une phrase et enfin une série de phrases. Parfois c’est très rapide mais ça peut aussi être très long.

Et pour écrire un texte ?

Ca me fait péter les plombs. Je deviens complètement fou. Maintenant mon travail est d’écrire des chansons. Ca crée une réelle inquiétude. Même quand tu n’as pas d’échéance, tu t’en imposes. Tu te dis : « Allez, faut que j’avance ». Quand je n’arrive pas à écrire, je m’angoisse rapidement. Je me dis que j’ai un problème. Je n’arrive plus à réfléchir et je me stresse jusqu’à me déclencher des crampes. Je somatise énormément. Avant les concerts c’est terrible et en période d’écriture c’est un véritable cauchemar ! Pendant 6 mois je me sens bien, mais dès que je rentre en phase de travail : tout bascule. Même si un jour, je me mets à écrire rapidement, ça ne me sert pas de leçon. Dès que je recommence à écrire les blocages réapparaissent. C’est très bizarre comme sensation ; au début je me disais que ça s’arrangerait avec le temps mais je prépare mon troisième album et ça ne passe toujours pas. Et si en plus le soir je dois chanter, ça devient terrible. Jusqu’au concert je peux avoir des douleurs. Au moment de chanter je ne ressens plus rien. Puis je m’arrête de chanter et les douleurs reviennent. Il faudrait que je me soigne. (rires)

Au niveau de mon procédé d’écriture, j’ai l’impression de tourner en rond parfois. Il faudrait que j’essaie de travailler plus méthodiquement. Il y a une rigueur à avoir que je respecte maintenant mais que je n’avais pas avant. Je dois garder mon cerveau mobilisé. Si je fais une trop longue pause sans écrire, c’est très difficile de m’y remettre. Je m’impose donc des moments d’écriture. Même si c’est une passion, ça reste mon travail. Je dois m’améliorer perpétuellement. Je me nourris donc en parallèle dans les livres. Je n’ai pas vécu un milliard de vies et parfois je n’ai pas les bons mots. Il faut donc aller chercher le vocabulaire ailleurs à travers des lectures.

Comment se relève-t-on d’un succès comme « Toi et moi » issu de l’album « L’amour est laid » vendu à 100 000 exemplaires ? As –tu ressenti le besoin de te retrouver ?

Comme on est parti en tournée durant un an et demi jusqu’en mars 2013, je n’ai pas écrit beaucoup. C’était très difficile de créer car il y avait beaucoup de choses à gérer : les radios, la tournée… Tout était nouveau pour moi. Je n’avais pas le temps de me poser et réfléchir, j’étais un peu dans un état second. La tournée s’est arrêtée en mars, j’ai dû commencer à écrire en juin. J’avais sûrement besoin de ce temps mais ce n’était pas conscient.

As-tu senti une pression pour écrire tes chansons suivantes ? Tu devais te sentir attendu, non ?

De la pression bien sûr que j’en avais. J’avais des demandes sur la création du deuxième album. Mais je n’ai pas été attendu au tournant. J’aurais bien aimé qu’on m’attende d’ailleurs. Je me mettais la pression tout seul. Je fais toujours le maximum. D’ailleurs je pense que ce deuxième album n’aurait pas pu être meilleur au moment de sa sortie.

Justement quand tu écris une chanson qu’est-ce qui t’inspire ?

Je prends tout et je me nourris de tout. Ca dépend beaucoup de ce que je vis. L’idée peut partir d’une rencontre avec une personne mais les mots traduisent vraiment mon ressenti dans une situation précise. Par contre, les lieux ne m’inspirent pas trop. Mon domaine c’est vraiment l’humain. C’est pour ça d’ailleurs que je ne parle pas trop de politique. Je ne pense pas avoir la compétence d’aborder ce sujet. C’est comme les thèmes graves comme par exemple la guerre dans le monde. Ca me touche bien sûr mais je ne me sens pas capable d’écrire sur ces sujets. J’ai l’impression que je n’ai pas le vocabulaire pour le faire.

Tu écris souvent à la deuxième personne. C’est plus facile pour toi de t’adresser à quelqu’un ?

Ca ne concerne pas toutes mes chansons. Soit j’emploie le « je » soit le « tu ». Souvent j’emploie la deuxième personne lorsque je suis énervé, lorsque je râle ou c’est vrai pour exprimer un rapport amoureux.

Guillaume Grand (2/5) Maintenant mon travail est d’écrire des chansons. Ca crée une réelle inquiétude. Même quand tu n’as pas d’échéance, tu t’en imposes.

Commenter cet article