Je persiste à dire que ce que je faisais chez Dave m’intéressait mais je pense que mes interventions n’étaient pas adaptées à l’attente des téléspectateurs.

Publié le par chauve-stephane

Tu avais déjà abordé il y a un an, tes difficultés à être présent dans les médias car tu ne rentrais pas dans les cases : humour ou chanson… Mais je me disais qu’avec ton intervention dans l’émission de Dave qui est hebdomadaire tu aurais pu promouvoir plus facilement tes titres. Ca n’a donc pas été le cas ?

Non, car chez Dave, je reprenais des morceaux qui existaient déjà. J’écrivais surtout des chroniques qui étaient très sous-diffusées : on pouvait les voir que dans l’émission de minuit trente. Le deuxième problème c’est que la moyenne d’âge de cette émission était élevée. Je pense que je passais plus pour un martien alors que la chaîne avait la volonté de rajeunir l’émission.

Alors pourquoi avoir accepté car j’ai lu que tu étais mal à l’aise quand tu faisais tes chroniques à la radio sur Europe 1?

La forme me plaisait. La différence c’est que je me sentais beaucoup plus libre à la télé. Mais les contraintes sont venues de l’extérieur : on m’a laissé faire pas mal de choses sur le plateau mais on m’a fait comprendre que si je ne me censurais pas moi-même quelqu’un d’autre le ferait pour moi. Je persiste à dire que ce que je faisais chez Dave m’intéressait mais je pense que mes interventions n’étaient pas adaptées à l’attente des téléspectateurs. France 3 reste une chaîne au public âgé.

Tu en parles au passé, c’est que tu as tourné la page ?

On verra mais je pense qu’il peut y avoir des choses plus judicieuses à faire. C’est beaucoup de travail. Ca me prenait beaucoup de temps et d’énergie mais avec peu de retours. Pourtant si tu regardes l’émission de la nuit, je dispose de 6 ou 7 minutes. C’est génial. J’aurais aimé que ce temps me permette d’être un peu plus présent dans les médias. Mais je n’ai jamais eu d’articles de journaux « télé » se demandant qui j’étais et présentant mon travail. Par contre, cette expérience a été plus positive en termes de relations avec les chanteurs. Certains me connaissaient déjà d’autres m’ont découvert et des liens se sont créés. C’était sympa qu’ils m’acceptent comme je suis en me demandant « qu’est-ce que tu m’as préparé aujourd’hui ? ».

Maintenant, sans avoir de couverture médiatique, tu as une communauté très active qui te suit. L’année dernière, j’ai été surpris pas tous ces gens qui étaient au bord de la scène et qui connaissaient toutes tes chansons parfaitement. C’est souvent comme ça ?

Il y a un gros pôle en région parisienne et qui se déplace. On en a aussi de la région lyonnaise qui bouge et c’était eux que tu as vu à Montbrison. Il y a une cinquantaine de personnes qui s’organisent et qui voyagent en fonction de nos spectacles. Ils ne sont pas là à chaque fois mais il y a toujours un petit pôle présent. On est vraiment surpris à chaque fois. Il y a vraiment des gens qui sont prêts à faire des kilomètres et à s’organiser des week-ends en fonction de nos dates. En plus ils se fédèrent et ils se voient un peu grâce à nous et ça me fait très plaisir.

Tu as des contacts avec eux ?

De temps en temps je les retrouve à nos concerts avec plaisir même si je ne les vois pas en dehors… Mais ils font partie de nos vies forcément.

Maintenant j’aborde un aspect plus sombre mais j’avais envie de connaître ton avis. Avec ta volonté affichée de faire rire et réfléchir, y a t-il eu un après Charlie ?

C’est déjà un sujet que j’évitais avant. Ca me déprime car on doit pouvoir rire de tout mais je ne le faisais pas car je n’aime pas les emmerdes. Je n’aime pas faire de la peine aux gens : je préfère rire avec plutôt que de rire d’eux. Mais il y a des gens qui ne veulent pas rire du tout. Je ne suis pas un antireligieux, je pense que ça peut être important pour une construction personnelle ou pour nous aider dans le quotidien mais pas pour embrigader. Pour moi nous sommes des êtres humains avec des qualités et des défauts. La religion peut permettre à être en paix dans sa tête mais on n’a pas à obliger les autres à faire comme nous.

Mais en dehors du sujet religieux, est-ce que tu t’interdis des choses ? Est-ce que ça t’est arrivé d’écrire un texte et puis te dire « non finalement je le garde » ?

Non, ça n’a pas changé ma manière de fonctionner. Maintenant, ces événements et ces tensions me rendent triste pour notre société, pour la France, et pour le monde car ça nous enferme encore plus dans une paranoïa les uns contre les autres. Et je ne suis pas très optimiste pour le futur.

Je persiste à dire que ce que je faisais chez Dave m’intéressait mais je pense que mes interventions n’étaient pas adaptées à l’attente des téléspectateurs.

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