"C’était magique d’imaginer ma vie dans un autre pays et d’apprendre une autre langue. "

Publié le par chauve-stephane

Eskelina, comment es-tu venue à la musique ? Qu’est-ce qui t’as donné envie de jouer d’un instrument ?

C’est un mélange de chance, de rencontres et d’envie. Très petite j’adorais chanter et quand j’ai découvert qu’on pouvait apprendre les paroles d’une chanson, c’était comme accéder à une formule magique. Un peu plus tard, j’ai réalisé qu’on pouvait non seulement apprendre les chansons des autres mais en plus qu’on pouvait écrire ses propres chansons et j’ai compris qu’on était libre de raconter ce qu’on voulait. En comprenant cela chanter est devenu encore plus magique.

Depuis les chansons et le chant ne m’ont jamais quittée. Plus tard j’ai appris à jouer de la guitare mais c’est toujours resté un support pour le chant. Je ne me considère pas guitariste du tout.

J’ai eu la chance d’avoir une famille qui m’a toujours encouragée à faire ce qui me plaisait sans me mettre la pression et sans attendre un résultat précis. J’ai aussi eu la chance d’avoir des profs de musique très passionnés par leur métier et qui donnaient de leur temps et de leurs savoirs sans compter et sans juger. Donc, c’était facile pour moi de continuer à faire de la musique. Ca toujours été un plaisir.

Après quelques expériences musicales en Suède, tu débarques en France il y a 9 ans. J’ai cru comprendre que tu ne parlais pas le français. Alors, pourquoi la France ?

Je suis partie par envie d’aller à la rencontre de la vie plutôt que de rester chez moi et d’attendre que les choses arrivent. Je m’ennuyais beaucoup. J’ai compris tôt que j’avais envie d’une vie pleine de surprises et de découvertes.

Pour moi c’était magique d’imaginer ma vie dans un autre pays et d’apprendre une autre langue. Alors j’ai choisi de faire ça. Mais il y avait quand même une limite à mon envie d’aventure. Je n’osais pas partir trop loin. J’ai choisi alors la France qui me semblait différente culturellement mais en même temps ce n’était pas trop loin de mon pays. A l’époque j’avais arrêté la musique. Je ne chantais plus que chez moi et j’avais laissé tomber l’idée d’en faire mon métier.

Et tu es arrivée à Sarlat…

Encore une fois j’ai eu de la chance. Je suis heureuse d’être arrivée là-bas et non à Paris par exemple, qui aurait pu être une destination plus logique. Même si j’apprécie beaucoup Paris aujourd’hui, je sais que le fait d’être arrivée dans un endroit sans le stress ni la pression de la société m’a permis de renouer avec l’envie de faire partie de ce monde. Sarlat et mon petit bout de vie en Dordogne m’ont apporté tellement de choses ! J’ai retrouvé l’envie de faire de la musique et de composer. J’ai pu vivre l’expérience de jouer dans la rue. J’ai découvert des paysages magnifiques, un bout de monde qui m’a redonné l’espoir et la foi. On peut créer une vie qui nous correspond. Et puis jouer dans la rue m’a permis, petit à petit, de me créer une seconde famille et de gagner ma vie avec la musique.

"C’était magique d’imaginer ma vie dans un autre pays et d’apprendre une autre langue. "

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