"On a donc tout fait nous même : produire ; réaliser, arranger, composer, écrire, manager. C’est schizophrénique mais c’est super intéressant."

Publié le par chauve-stephane

Comment Astonvilla crée-t-il ses chansons ?

Greg : Une grande partie des textes était déjà écrite contrairement à d’habitude.

Fred : C’était donc une manière différente d’aborder la composition. Et c’est sûrement la méthode qui me convient le plus. Il y a un message à transmettre et chaque mot doit rencontrer la bonne note. Je crois qu’on l’a plutôt bien réussi dans cet album.

Et ce virage musical s’est imposé à vous naturellement ?

Greg : Il commence sur certains titres de l’album « De jour comme de nuit ». On ressent l’envie du groupe d’avancer sur quelque chose de plus électro.

Fred : C’est comme une dissertation. Tu la termines par une question ouverte et dans l’album précédent on tend vers ça. C’est donc pour nous une suite logique.

Greg : Le fil conducteur reste la voix de Fred. Mais effectivement quand on écoute « De jour comme de nuit » puis « Joy machine », on tend vers quelque chose de plus pop et moins rock. On essaie de garder un maximum d’énergie mais avec quelque chose de plus léger.

Fred : Comme je te l’ai dit, Greg voulait mettre ma voix plus en avant et faire ressortir mon côté crooner. Je lui ai donc demandé qu’il s’occupe de la réalisation des voix et qu’il dirige cet enregistrement. C’était donc très fluide car on a l’habitude de travailler ensemble. En plus, on s’est complètement pris en main sans aucun réalisateur extérieur. On a donc tout fait nous même : produire ; réaliser, arranger, composer, écrire, manager. C’est schizophrénique mais c’est super intéressant.

Et vous avez créé votre propre label, Twicky records.

Fred : C’est ça, on a fait le chemin à l’envers.

Pourquoi ce choix ?

Fred : On voulait faire quelque chose de différent. Artistiquement on a toujours eu les mains libres. Aucun directeur artistique n’est venu interférer dans notre processus de création. Heureusement. Maintenant la liberté c’est bien mais il faut savoir ce qu’on en fait. C’était intéressant d’être libres pour avancer à notre rythme et de ne pas dépendre de chef de projet ou d’équipes artistiques. On était en permanence ensemble sans jamais se poser la question : « on compose ou là on fait une réunion ? ». On ne segmentait jamais notre travail. Mais attention, il ne faut pas cracher dans la soupe. Il y a des gens bien dans les maisons de disques. Il y en a de moins en moins c’est vrai mais il en existe encore et il y en aura toujours.

Mais a-t-on encore un intérêt de travailler avec un label aujourd’hui ?

Fred : Ca dépend. On n’est pas fermé. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. On peut très bien se retrouver sur un label, l’année prochaine ou dans deux ans.

Greg : On a essayé quelque chose qu’on n’avait jamais fait auparavant : construire un site marchand, via internet. On a demandé aux gens de préacheter l’album pour qu’on puisse le produire en créant une société de production. C’était notre volonté car on ne voulait pas s’entendre dire deux mois après la sortie de l’album : « en fin de compte, il n’y a pas autant de singles que l’on croyait ». C’est quand même un an de travail et d’investissement personnel. On s’y livre beaucoup. Après, bien sûr, on a été confronté à la partie marchande, et c’est assez dur à vivre. Dans notre album, on raconte nos vies et tout d’un coup cela devient un produit en vente qui est soumis aux lois du marché. Et ça dans un label traditionnel, c’est très vite enterré.

Fred : Si ça ne prend pas tout de suite… next !

Greg : On voulait s’éviter ça. On a donc essayé par nos propres moyens pour voir ce que ça pouvait donner. Ce n’est pas simple et ce n’est pas la solution miracle.

Fred : Et puis on n’est pas seul. Il y a toute une équipe autour de nous, des proches ou des collaborateurs qui ont mis la main à la pâte. C’est une team avec un photographe, un réalisateur, un community manager, un avocat…Tous ces gens autour de nous connaissent bien le groupe depuis de nombreuses années. C’est vraiment une famille.

"On a donc tout fait nous même : produire ; réaliser, arranger, composer, écrire, manager. C’est schizophrénique mais c’est super intéressant."

Commenter cet article