"Nos chansons doivent avoir une part de mystère tout en étant accessibles. "

Publié le par chauve-stephane

Apparemment vous êtes complémentaires. Comment sont élaborées les chansons ?

Généralement, j’écris les textes puis je les soumets à Micka avec de minces indications. Du style, influence cinématographique ou climat de la chanson. J’essaye d’en dire le moins possible pour qu’il ne soit pas enfermé. C’est une première surprise pour lui lorsqu’il découvre le texte. Il se met alors à composer. La seconde surprise, c’est quand il me fait écouter. Micka sait parfaitement structurer une chanson. Il peut arriver qu’il me demande d’écrire un couplet supplémentaire ou qu’il trouve un refrain que je n’avais pas pressenti. À l’écriture, je laisse d’ailleurs toujours de la place. Ensuite, on maquette sans aller trop loin dans les prises mais avec des idées de structures bien précises. Enfin, on essaye de faire appel à des musiciens talentueux musicalement et humainement pour l’enregistrement studio en mode club.

Comment écris-tu tes textes? Es-tu un adepte d’une écriture assez spontanée ou multiplies-tu plutôt les jets encore et encore en t’imposant des plages horaires assis à un bureau?

C’est une bonne question d’autant que je suis en train d’écrire les textes du prochain album et parfois, je me demande comment j’ai pu écrire les précédents textes. Je n’ai pas de recettes. Il m’arrive de prendre des notes dans un vieux cahier, mais j’apprécie de ne pas écrire durant une longue période. J’ai envie que ça reste quelque chose de rare. Il faut qu’il y ait le désir d’écrire.

Il n’y a pas de lieu mais il faut que je sois seul. J’écoute aussi de la musique car ça peut m’aider pour le rythme des phrases.

Au départ, c’est spontané, mais ensuite, je suis plutôt du genre à tailler dans ce que j’ai fait. Je jette beaucoup de choses. C’est l’une des clés de l’exigence. Lorsque j’envoie le texte à Micka, il y a déjà eu un gros travail d’élagage. Je n’ai peut-être pas envie de le décevoir.

As-tu un objectif précis quand tu écris des chansons ? Comment trouves-tu les thèmes à aborder ?

Je cherche un angle fort, un point de vue. Il faut presque un nouveau concept à chaque fois. Il faut aussi qu’il y ait quelque chose qui donne envie de la réécouter.

Nos chansons doivent avoir une part de mystère tout en étant accessibles. C’est le principal objectif que je me fixe. C’est aussi un procédé que j’adore en tant que spectateur au cinéma. J’adore les tiroirs et les films qu’on peut revoir à l’envi sans qu’ils ne perdent de leur superbe.

Au niveau des thèmes, je ne m’interdis rien même si les chansons à message ne sont pas mon fort. Je préfère les chansons où le message est caché dans le tiroir.

Comment pourrais-tu qualifier votre musique ?

Ambitieuse sans pour autant qu’elle soit réservée à une élite. Donc POPulaire.

Tu es réalisateur aussi. Tu continues en parallèle de la musique ? Tu t’investis sûrement dans l’élaboration de vos clips.

Je réalise tous les clips pour DE CALM. Dans notre économie, c’est un confort artistique. Et puis, comme les images viennent parfois avant les textes, je gagne du temps. Par contre, nous n’excluons pas que d’autres réalisateurs s’y attèlent. J’aime bien aussi réaliser pour d’autres comme j’ai pu le faire avec Sayem, Bertrand Betsch ou encore Le Prince Miiaou. Quand on te confie les clés, c’est une sacrée responsabilité et il n’y a pas plus excitant.

Et footballeur aussi. Tu a connu le TFC, c’est bien ça ? Le nom de votre album Amour Athlétic Club est en lien avec cette expérience ?

J’ai joué 5 ans au TFC et quand j’ai commencé à écrire l’album, je me suis rendu compte qu’il y avait ce champ lexical de l’effort et que le ballon rond n’était pas très loin. J’ai fini par en faire une ligne directrice. J’avais fait la même chose avec notre premier album « Le Film Définitif » où le cinéma était disséminé un peu partout.

Avec toutes ces expériences différentes, quand as-tu commencé à écrire des textes de chansons ?

Je crois que c’était à l’école de cinéma. J’étais étudiant et j’avais pris en pleine gueule l’arrivée de Miossec, Dominique A… D’un seul coup, ça me semblait jouable alors que seul le cinéma m’inspirait à ce moment-là.

J’ai lu que tu ne te destinais pas à chanter au départ, c’est donc un peu par hasard que tu te retrouves derrière le micro ?

Là, je dois tout à la patience de Micka qui m’a vu partir de très loin. Au départ, c’était lui qui chantait sur les premières maquettes. Puis, un jour, j’ai massacré la chanson « Sur cet Astre » et contre toute attente, ce carnage nous a donné beaucoup d’espoir pour la suite.

"Nos chansons doivent avoir une part de mystère tout en étant accessibles. "

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