"Les paroles se forment à partir de discussions, de rencontres mais aussi avec ce qui m’est arrivé et ce que j’ai ressenti durant l’année écoulée."

Publié le par chauve-stephane

Batlik, 9 albums en 10 ans. Tu es très productif. Comment fais-tu pour tenir le rythme ?

J’ai tendance à dire que ce sont les autres qui ne font pas grand-chose. Si tu fais le calcul, un album regroupe douze titres. Ecrire douze chansons en six mois, ce n’est pas la mort. Ensuite, tu n’as plus qu’à les enregistrer et à les exploiter. Maintenant, comme on se trouve sur un mode indépendant, il y a un aspect financier important : la machine doit toujours être alimentée. Quand le label A Brûle Pourpoint sort un disque, très vite les ventes diminuent. Il faut donc se renouveler rapidement. C’est le revers de la médaille: il faut toujours être présent. Il faut donner du charbon à manger à la machine.

Et toi, tu vas donc enregistrer ton dixième album durant l’automne.

On va plutôt reporter ça à l’hiver, au début de l’année 2015.

Tu as déjà des chansons qui sont prêtes ?

Ce sera un live. Le cinquième album était un live et j’ai décidé d’en faire un tous les cinq disques. Ca permet de regrouper les morceaux importants des quatre albums précédents et d’écouter leur évolution sur scène.

Bon là c’est un album live mais d’habitude ce n’est pas trop dur d’enchainer la promo, la scène et en même temps de se projeter sur de futures chansons?

Non, car je ne suis pas Stromae. Quand je fais de la promotion d’un album, j’ai trois coups de téléphone dans le mois, deux interviews et deux radios… Par rapport à un artiste connu qui ne peut pas tourner et cumuler ça avec la promo, moi, je peux largement le faire. D’autre part, beaucoup d’artistes, lorsqu’ils font un disque écrivent 20 ou 25 morceaux puis n’en sélectionnent qu’une douzaine. Alors que moi, dès que je fais un morceau, que je l’aime ou non, il figure sur mon album. Je me suis aperçu que souvent, les gens aimaient bien des morceaux que je n’aimais pas et inversement. Je suis le dernier à pouvoir juger une chanson.

Comment les écris-tu ? A partir d’un thème ? D’une musique ?

J’ai toujours des tourneries de guitares. Les paroles se forment à partir de discussions, de rencontres mais aussi avec ce qui m’est arrivé et ce que j’ai ressenti durant l’année écoulée.

J’ai lu dans ton portrait que l’on trouve dans le Francofans de ce mois cette phrase : « entouré de contraintes, je me mets à imaginer ». Tu peux expliquer ?

Je n’ai jamais mieux écrit que lorsque j’avais peu de temps pour le faire. J’ai quand même mis longtemps à pouvoir exercer ce métier. Je me suis rendu compte que j’écrivais beaucoup mieux quand je travaillais à côté. Parce que tu sais que le temps réservé à l’écriture est limité. Tu saisis ce laps de temps comme une fenêtre ouverte sur la liberté d’écriture.

Depuis 10 ans, tes albums sont produits par A Brûle Pourpoint ton label mais aujourd’hui tu n’as pas envie d’aller signer ailleurs ?

Au début aucun label n’avait envie de me signer. J’ai donc créé A Brûle Pourpoint pour faire sans eux. Plus tard quand ils m’ont recontacté, à mon tour, je n’ai pas eu envie de ce qu’ils me proposaient. J’avais sûrement pris des mauvaises habitudes en travaillant seul. Finalement, en côtoyant dans les concerts, d’autres artistes de plus gros labels, je me suis aperçu qu’ils avaient autant de problèmes que moi et qu’ils n’étaient pas plus heureux. Il y a beaucoup plus d’artistes qui se retrouvent coincés que des artistes pour qui ce système fonctionne. Tout ça ne m’a pas donné envie de signer ailleurs. Maintenant c’est trop tard car en refusant deux ou trois signatures, les autres ne viennent plus, et puis, je suis vraiment très attaché au label A Brûle Pourpoint.

"Les paroles se forment à partir de discussions, de rencontres mais aussi avec ce qui m’est arrivé et ce que j’ai ressenti durant l’année écoulée."

Commenter cet article