"J’essaie de me battre pour ça et de réfléchir à ce qui est le plus intelligent car on est dans un métier qui est en pleine mutation. "

Publié le par chauve-stephane

Mais cet album sera donc en version physique ? Car si j’ai bien compris ; si tu veux obtenir des subventions, il faut bien que tu le distribues…C’est ça le problème ! C’est que si aucun distributeur n’a envie de distribuer cet album, on ne le sortira que sur internet et puis on fera sans les aides. Après c’est compliqué pour les concerts et pour le métier. Je suis donc en pleine période de démarchage. J’ai des rendez-vous à venir. J’essaie de me battre pour ça et de réfléchir à ce qui est le plus intelligent car on est dans un métier qui est en pleine mutation. Finalement courir après une distribution, même si ça t’apporte des aides, si c’est pour qu’un distributeur te prenne 30% de tes ventes et qu’au final ça ne te fasse pas vendre plus d’albums… Tu vas juste gagner moins car tu auras donné un pourcentage à un distributeur qui n’aura rien fait. Est-ce que ça vaut le coup ? Je n’en suis pas si sure…Du coup sortie d’album prévue en février-mars 2014 mais tu n’en connais pas la forme.Février mars, mais je ne sais pas encore la forme, effectivement. Dans tous les cas, ce sera à cette période là, après il faut trouver un distributeur motivé. C’est ça le problème dans ce métier. Moi j’ai fait l’expérience de signer chez Sony, avec des gens qui ont dit « bon, mouais on signe et on va voir ». Et c’est pire que tout. Tu ne t’es pas sentie soutenue…C’est ce qui arrive souvent. Il signe beaucoup d’artistes en se disant que peut-être ça va marcher. C’est terrible. Je ne sais pas si toi et tes lecteurs connaissez le livre de Pascal Nègre sur le métier de la musique. C’est très intéressant à plusieurs niveaux. Il explique que la stratégie ces dernières années c’est : on signe dix artistes dans la même cible parce qu’on se dit que sur les dix, il y en a un qu’on réussira à faire rentrer en radio et qui marchera. Pour les neuf autres, on rompt les contrats merci au revoir ! Le problème c’est que ça détruit des carrières, Quand tu fais partie de ces neuf artistes, pour continuer à exister derrière c’est très très dur. Maintenant pour en revenir à Odyl, « c’était l’hiver » n’est pas un tube. Ca n’a pas cartonné autant qu’on aurait aimé. Il faut être là au bon moment, au bon endroit mais ce n’est pas le bon moment et toutes les radios vont à fond dans l’électro et dans l’anglais. Virgin radio était un peu revenu du côté pop-rock mais là ils sont en train de faire un virage complètement électro. Sur tout ce qu’ils passent en une journée, il n’y a que 5 ou 6 artistes français dont trois avec des chansons français-anglais sous la forme de duos comme ça se fait maintenant. Tu imagines ? Il y a très peu de places ! J’ai déjà eu de la chance d’avoir ce que j’ai eu ! Mais aujourd’hui tu as beaucoup de mal à te faire entendre. Il y a des gens qui te disent « mais quand même il y a internet ! », mais ce n’est pas parce que tu es sur internet que tu as plus de visibilité.

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