"Je parle souvent de noir ou de blanc, le gris m'emmerde un peu."

Publié le par chauve-stephane

Justement, après avoir chanté dans le groupe iLis, tu te retrouves seule derrière le micro ? C’est toi qui as décidé de continuer en solo ou c’est les circonstances qui ont fait que…

Après plus de 8 ans de bons et loyaux services avec iLiS, on a connu un peu tout : les joies, les galères, les déceptions. On a sorti un album au bout de six ans, qu'on a eu toutes les difficultés du monde à produire. Ensuite on a fait la tournée pour accompagner sa sortie, on s'est éclatés. C’était un an et demi de joie, mais on jouait surtout dans des cafés. On perdait de l'argent, et surtout on n'avait pas du tout les moyens de produire un nouvel album. On était coincés tout simplement, je ne savais pas comment avancer.

Artistiquement aussi, j'arrivais dans une impasse. Je m'étais perdue dans un truc qui me ressemblait de moins en moins.

A la même époque, justement, une maison de disque m'a contactée. Ils n'étaient pas vraiment intéressés par iLis, mais par moi. Ils pensaient que j'avais un potentiel, un charisme, un mental. Ils ont voulu me faire faire des maquettes, j'ai bossé beaucoup bossé, je me suis remise en question, il n'était pas exclu de continuer iLis, mais finalement ça m'a donné envie de reprendre tout à zéro. Mes musiciens qui étaient aussi mes amis m'y ont poussée. Donc j'ai arrêté iLis, et je me suis lancée dans le vide, sans aucune idée de ce que j'allais faire. C’est vite devenu Odyl, un projet qui me ressemblait beaucoup plus artistiquement.

Tu écris tes chansons en français. Mais justement, toi qui écoutait Kurt Cobain ou Courtney Love, pourquoi ne pas avoir choisi l’anglais ?

Bien avant d'écoute Nirvana ou Hole, j'écrivais des textes, en français, parce que c'est ma langue maternelle, aussi surement parce que mes deux parents sont passionnés de littérature, ma maman prof de lettres classiques, mon père poète et prof aussi. J'ai toujours été entourée de mots, de livres, de textes.

Gamine j'étais fan de Renaud, et maintenant mes influences chansons ont clairement pris le dessus. Je me situe entre Nirvana et Renaud quand on me demande, car j'y vois finalement un peu le même état d'esprit. Rock dans l'attitude, et rock dans les mots.

Alors justement comment t’y prends-tu pour « fabriquer » tes chansons ? D’abord les paroles ? La musique ?

J’écris beaucoup de textes. Ensuite quand j'écris une chanson, ça part parfois d'un bout de textes que je développe par rapport à la mélodie, ou alors les mots viennent directement de ma musique, et ça coule assez rapidement dans ces moments là. Ensuite je développe, je travaille jusqu'à ce que la chanson me plaise, je l'enregistre. On fait les arrangements soit avec mes musiciens pour le live, soit en studio avec des reals, arrangeurs, etc selon les albums, maquettes etc.

Tu écris souvent autour du thème de la passion. Mais qu’est-ce qui t’inspire ? Qu’attends-tu de tes chansons ?

C’est vrai que je parle beaucoup de passion, mais pas vraiment dans le sens "amour", plutôt parce que je suis quelqu'un d'entier, d'extrême, et de passionnée. J’aime les gens qui sont comme ça aussi. Et en même temps, la passion attire comme elle détruit. Les rapports passionnels et passionnés quel qu’ils soient m'intéressent. Je parle souvent de noir ou de blanc, le gris m'emmerde un peu.

Je ne cherche pas à avoir un effet particulier sur les gens, juste à faire passer des messages. J'essaie donc de faire en sorte de dire des choses, qui parlent à tout le monde. C’est pour ca que je ne suis pas punk. Avoir de grandes idées mais les gueuler dans ma cave, j'y ai rapidement vu peu d'intérêt. J’aime la musique populaire, parce qu'elle s'adresse au plus grand nombre. J'aime les langages simples pour dire des choses compliquées, et je refuse que la musique populaire soit cantonnée à la merde actuelle du top 50.

"Je parle souvent de noir ou de blanc, le gris m'emmerde un peu."

Publié dans La sincérité d'Odyl

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